Derrière les plans d’austérité, le modèle allemand triomphe. Berlin assoit son leadership au fil de la crise et préside à l’intégration de l’Europe.
Fabrice Delaye et Myret Zaki
Bilan
16th November, 2011
L’Allemagne est en train de réaliser, avec la crise de l’euro, ce qu’elle n’a pas pu faire avec deux guerres.» Provocatrice et un brin excessive, cette remarque lancée récemment par un grand banquier rappelle que la pression des marchés aboutit, en définitive, à plus d’intégration de la zone euro, sous leadership allemand. Sous la contrainte de l’euro, l’unification du continent autour d’un Euroland, excluant les Britanniques, apparaît comme la seule voie possible pour éviter un éclatement de la monnaie unique. Pour Michael Hüther, directeur de l’Institut der deutschen Wirtschaft de Cologne, «les politiciens européens ont compris le besoin de cette discipline. Le cas est similaire à celui des années 1980, quand la plupart des pays ont réalisé qu’ils ne pouvaient pas résoudre leurs problèmes par des dévaluations systématiques vis-à-vis du mark.» La solution est passée alors par plus d’Europe. «Au lieu de la finlandisation annoncée, on a vu un président socialiste français relancer, aux côtés de l’Allemagne, la construction européenne, du marché unique à Maastricht», rappelle Franck Biancheri, directeur du Laboratoire européen d’anticipation politique (LEAP).
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