In These New Times

“In these new times, in spite of the dangers, the most brutal force, the most fearful night, we are engaged in the fight to survive.” No Novo Tempo-Ivan Lins, Vitor Martins

Archive for October, 2011

“QE is a back-door bail-out to refloat insolvent banks”

Posted by seumasach on October 13, 2011

Talking up austerity will never bring down the UK’s debt, Mr Osborne

Liam Halligan

Telegraph

8th October, 2011

I don’t envy George Osborne. The Chancellor of the Exchequer has a very tough job. It should be acknowledged that, since coming into office 18 months ago, Osborne and his Treasury team, not least Danny Alexander from the Liberal Democrats, have acted with courage.

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Interview de Jacques Borde sur la Libye, la résistance et la reconquête

Posted by seumasach on October 13, 2011

Ginette Hess-Skandrani

La Voix de la Libya

 

10th October, 2011

Q – L’Otan et ses alliés n’ont-ils pas crié victoire trop tôt après la chute de Tripoli ?

Jacques Borde – Assurément. C’est une évidence ! Ce d’autant que si Tripoli a été prise, et si l’essentiel des villes du pays sont bien en train de passer dans le camp des insurgés pro-occidentaux, cette mainmise n’est, encore aujourd’hui, que partielle. Rien ne nous dit, d’ailleurs, qu’elle puisse être, à court et moyen terme, autre chose ! Certains sites et repassant même pour un temps sous le contrôle de la Résistance kadhafiste. Comme cela a été le cas pour pour Ras-Lanouf et Bréga. Or, évidemment, ça n’est pas comme ça qu’on se remplit le mieux les poches ! Du coup, du côté des dépeceurs (occidentaux) de la Libye, et en dépit des apparences, le moral n’est pas au beau fixe. Loin de là. Mais, ça n’est pas moi qui en parle le mieux, mais l’un des plus forcenés interventionnistes sur ce dossier. J’ai nommé le controversé – et assez peu à sa place – ministre français de la Défense, Gérard Longuet.

Q – Par « assez peu à sa place », vous voulez dire peu compétent ?

Jacques Borde – Oui. Pour ne pas dire complètement dépassé. L’ancien d’Occident1, ressorti du placard par Nicolas Sarkozy, a – par ses propos de plus en plus creux, son manque de vision à long terme, sa piètre connaissance des choses militaires – démontré qu’il n’avait rien à faire à la tête d’un ministère de force, comme disaient les Soviétiques, aussi important que celui de la Défense.

Q – Militairement parlant, la situation n’est pas stabilisée ?

Jacques Borde – Tout dépend de ce que vous entendez par stabilisation. Bien sûr, si – comme à Kaboul – contrôler une partie du pays suffit à vos ambitions, oui ! Évidemment, si vous entendez remettre en route l’économie libyenne, pour vous en mettre plein les poches, là, non !

Q – Pourquoi cela ?

Jacques Borde – Parce que, territorialement parlant, le nouveau pouvoir ne contrôle pas grand-chose. Et fort mal, en plus. Au point – c’est Allain Jules qui s’en fait l’écho sur lavoixdelalibye.co – qu’un chef d’État, partie au conflit aurait dit aux insurgés occidentaux : « Si on tue tous les Libyens, vous pensez gouverner des arbres (…) ? L’heure pour la paix a sonné et vous avez la responsabilité de pacifier votre pays au lieu de compter sur les armes ».

Contrairement aux allégations du CNT, Khamis Kadhafi, est, bel et bien, vivant. Il a même donné au CNT, à côté de ses entretiens réguliers à des media arabes, un ultimatum pour quitter… Tripoli ! Évidemment, c’est, avant tout, de la guerre psychologique. Mais, imaginez l’effet, sur une population à qui on ne cesse d’annoncer sa mort tous les deux ou trois jours !

Q – Quid des engagements sur le terrain ?

Jacques Borde – Dans la capitale, il y a eu des attaques visant les bureaux, officieux, de l’Otan et de la CIA, et du CNT. Tout cela ne fait pas très sérieux de la part d’autorités qui demandent qu’on leur confie les milliards confisqués à la Libye. Pire, Misrata, si affrontements il y a, ceux-ci se déroulent entre fractions rebelles. Sans parler d’action de la, désormais, Résistance loyaliste.

À Benghazi, il n’est même pas certain que Moustapha Abdeljalil soit, de manière permanente, là où il affirme être. On le comprend : une fatwa contre sa personne a été émise. Il va, à terme, sans doute, faire comme Karzaï à Kaboul : s’offrir – si l’Occident, bien sûr, lui en donne les moyens – une garde prétorienne. Des Contractors qu’il lui faudra, probablement, payer rubis sur l’ongle. La privatisation de la guerre reste, avant tout, un business !

Q – Mais Benghazi est sous contrôle du CNT, non ?

Jacques Borde – Pour partie, seulement. Les plus pessimistes – mais ce sont les plus pessimistes, évidemment – affirment que 50% des quartiers de la vile échappent aux insurgés pro-occidentaux. Qui, de toute manière, ne s’entendent pas entre eux. Là, c’est Beyrouth, années 70-80 ! Dans certains quartiers, le drapeau vert est, à nouveau, hissé. Sans; bien sûr, qu’on sache qu’il s’agit de véritables ralliements ou de simples provocations. Beyrouth, je vous dis !

À Zawiya, le dépôt d’armes et de munitions installé par l’Otan, fort mal gardé par les insurgés pro-occidentaux, a été « visité » (sic), par les loyalistes qui ont récupéré nombre d’armes. En fait, dans la région, la seule véritable zone réellement sous contrôle insurgé est l’Aéroport de Tripoli. Quelque part, tout cela rappelle confusément le Liban (des années 80) où les différents camps se servaient allègrement dans les stocks mis à disposition de l’Armée libanaise par les États-Unis. Mais, aussi, Bagdad, où, longtemps, les seules zones véritablement sous contrôle des l’occupant, étaient l’aéroport et la Zone verte. Point barre !

Q – Pour vous, quel est le plus gros problèmes du nouveau pouvoir ?

Jacques Borde – Au plan militaire, vous voulez dire ? Le problème des effectifs. Les insurgés n’ont jamais eu vraiment de forces régulières. Si vous voulez, cela rappelle – toutes proportions gardées, bien sûr – la Vendée militaire, où des irréguliers, certes motivés, prenaient les armes mais repartaient chez eux, quand bon leur semblait. Il y a bien des combattants. Mais pas d’unités régulières et enrégimentées. Ou beaucoup trop peu. Quant à l’expérience !… Et puis, contrairement aux Vendéens, il n’y a guère de chefs militaires dignes de ce nom.

Un exemple significatif vous permettra de mieux comprendre. Quelques 1.000 combattants du CNT sont toujours introuvables depuis les revers enregistrés à Syrte et Bani Walid. Ce ne sont pas des tués ou des blessés, dans leur majorité. Ni même des déserteurs, au sens de troupiers régnicoles délaissant les rangs d’unités militaires traditionnelles aux effectifs et missions clairement définis. Mais des gens qui ont dû, tout simplement, rentrer chez eux ! Normal, après HUIT mois de conflit (mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre). Conscient de la chose, le CNT voudrait bien recruter des….mercenaires. Mais, là, chasse gardée ! C’est Washington qui décide de l’implication des Sociétés militaires privées (SMP) !

Q – Et Syrte ?

Jacques Borde – L’intéressant, à Syrte, est que les Otaniens y commettent strictement les exactions qu’ils prétendaient – je parle, là, des raisons officiellement avancées à la via vactis sur la Libye, bien sûr – empêcher à Benghazi. À savoir l’épuration politico-ethnique de la ville. Même l’hôpital de la ville aurait vu son alimentation en eau coupée suite aux Guernica des armées de l’air occidentales.

Q – Et Kadhafi ?

Jacques Borde – Après avoir affirmé que Kadhafi se trouvait, sans autre précisions, à Gadhamès, retranché dans la mosquée de la ville, le CNT a demandé à l’Otan de bombarder le site ! Les Otaniens ont, bien évidemment, refusé ! Craignant, surtout, que les loyalistes ne choisissent, alors, de passer en Tunisie et/ou en Algérie, toutes proches…

Q – Sinon, qu’a donc dit Longuet sur la Libye ?

Jacques Borde – Peu de choses sensées en vérité. Mais, avec une naïveté désarmante, il nous a, malgré lui, fourni un compte-rendu, des plus révélateurs, de la récente réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne à Wroclaw (Pologne), où, selon lui, l’ambiance était « un peu pesante »2. En fait, au sortir du dîner, Gérard Longuet, s’est confié à quelques journalistes, dont Bruxelles2.eu. À l’entendre, la réunion avait un côté assez surréaliste. « On avait l’impression, à entendre l’ordre du jour, qu’il ne s’était rien passé »3.

Q – Diable, rien passé en Libye ! Le constat est amer ?

Jacques Borde – Amer, mais pas aussi faux qu’il pourrait paraître. En effet, que nous dit encore le Longuet-à-la-triste figure ? Que « La plupart des pays n’ont pas joué de rôle dans la Libye. Et chacun regardait un peu ses chaussures – sauf la France, les Britanniques, la Belgique… les Pays-Bas – en se disant qu’ils étaient passés, à un moment, à côté de l’histoire, se demandant comment ils pourraient faire maintenant, sans vraiment savoir comment faire »4.

Passons sur le couplet de « passés (…) à côté de l’Histoire », qui n’est jamais qu’une forme d’onanisme géopolitique aggravé, dont nous laissons l’entière responsabilité à ceux qui s’y prêtent. Quelques-uns ont, à l’évidence, revisité la via factis otanienne sur la Libye, comme un occasion de revivre, à revers, leurs fantasmes les plus rances de l’aventure algérienne. Hélas, que leur dire ? Sinon que la Libye de 2011 n’a que peu de rapport avec que que fut la Guerre (dite) d’Algérie.

Mais que nous rappellent les propos de Longuet ? Qu’à l’évidence :

1.Du point de vue de ceux qui se sont jetés, un peu vite, sur la proie libyenne, il ne s’est, effectivement, « rien passé » ! Ou, pour le moins RIEN passé comme prévu. Dans la mesure où RIEN n’est réglé en Libye. Au point que l’Otan a dû prolonger ses opérations d’un trimestre supplémentaire. Cela sans jamais dire que ce trimestre permettrait de clore le dossier libyen aux mieux des ses dépeceurs. Oui. De ce point de vue-là, il ne s’est « rien passé » en Libye…

2.Du côté, des convives aux agapes de Wroclaw, l’ambiance avait, effectivement, de quoi être « pesante » ; privés qu’ils étaient, à l a fois, de leur plat de résistance et de leur dessert : le pétrole, le gaz et l’eau libyens. Et, pour ceux, s’étant joints (un peu vite) à la curée, la perspective de continuer des opérations militaires assez douteuses, à l’éclairage d’insurgés pro-occidentaux, rentrant chez eux – qui à Benghazi, qui à Misrata – au motif que les loyalistes leur tendent de coûteuses embuscades. Évidemment, lorsque les mots-clés revenant sur le tapis, sont « enlisement », « bourbier », le convive a moins l’esprit à la fête…

3.« La plupart des pays n’ont pas joué de rôle dans la Libye ». L’avantage des incapables est qu’il sont, souvent, aussi des candides. Et, là, tirons notre chapeau à Gérard Longuet ! Eh, oui ! Merci de nous rappeler que la Guerre Libye n’est pas celle de l’Europe dans son entier, mais seulement celle d’une poignée d’État (moins de CINQ sur VINGT-SEPT), auxquels il convient d’ajouter les deux monarchies – comprendre tout sauf des démocraties – qatarie et émiratie (ou émirienne). Et le Canada5 qui n’est pas une puissance européenne, sauf mouvement tectonique de grande ampleur. Mais, là, on en aurait entendu parler !
4. Et Longuet, histoire de ne pas en rater une d’ajouter qu’il faut être conscient que « la Politique européenne de sécurité et de défense n’est pas sortie par le haut de cette épreuve ». Merci, M. le ministre de m’ôter, ainsi, les mots de la bouche : « On ne peut dire qu’une initiative bilatérale, pour appliquer la résolution des Nations-unies, soit vraiment la consécration de la politique de défense européenne ». Qu’ajouter de plus, en effet ?

Q – Doit-on ramener le sommet dînatoire de Wroclaw à ces seuls aspects ?

Jacques Borde – Oui et non, j’en ai peur. Car, pour l’avenir, la montagne eurolandienne a accouché d’une souris, maigrelette qui plus est ! Ceci dit, écouter Longuet n’est pas sans intérêt, loin s’en faut. En effet, que nous a encore dit le ministre français de la Défense, à propos de la Libye ? Que « Pour faire émerger un État de droit complet, durable c’est autre chose. Et ce n’est pas le rôle de l’Otan ». J’aimerai que l’on s’arrête sur cette phrase qui est, certainement, l’une des plus importantes jamais prononcées à propos de la via factis occidentale sur la Libye, depuis le début des opérations ! Car, si ça n’est pas le rôle de l’Otan que de « faire émerger un État de droit complet, durable – et, encore une fois, ça n’est pas moins qui le dit mais Candide Longuet, affligeant de franchise – :

1.Que fiche donc l’Alliance atlantique en Libye, puisqu’à l’évidence la protection des populations civiles de villes comme Benghazi, Misrata, etc (raison même de son engagement en Libye, rappelons-le) n’est plus d’actualité, ayant laissé place, depuis plusieurs semaines déjà, à des frappes massives et indiscriminées sur des populations que rien de menaçait, puis que majoritairement acquises au régime et n’ayant pas pris les armes (contre qui que ce soit, d’ailleurs) ?

2.Plus important encore, que cherche-t-elle à y « faire émerger », si ça n’est pas un « État de droit complet, durable » ? Une monarchie ? Un Émirat islamique ? Une clérouquie à la solde de la thalassocratie états-unienne ? Un État de non droit, alors ? Calqué sur ces banlieues françaises où les forces de l’ordre n’osent plus pénétrer, sauf à mobiliser des centaines d’hommes ? Les citoyens des puissances engagées dans la via factis contre la Libye ont, tout de même, le droit de savoir que que nous faisons là-bas, si ça n’est même pas pour y jeter les bases d’un « État de droit ». Non ?

Autre chose à noter : les agapes indigestes de Wroclaw, auraient eu raison de la nouvelle mission européenne en Libye, imaginée par certains. Apparemment, le sujet ne serai plus de la brulante actualité dont nous parlaient certains. Or si pour Longuet, « Il faut accompagner la Libye, dans la mesure où elle le demande, dans le respect de la pleine responsabilité du CNT à qui il appartient ses objectifs », le ministre n’a « pas ressenti le besoin du CNT de voir quiconque se mêler des moyens d’autorité. Il ne veut même pas de forces de police ». Résultat, « On en reste aux vœux pieux », car, dixit Longuet, « l’UE n’est pas un acteur de complicité immédiate du nouveau pouvoir ». C’est, curieux, c’est pourtant l’impression que cela donne à beaucoup de gens !

Q – Mais, au fond, sur le dossier libyen, tout le monde semble tirer la couverture à lui ?

Jacques Borde – C’est tout à fait exact. Et, là, pas de quartier, il s’agit, d’abord, de penser à soi. Et seulement à soi. Ainsi, le Globe & Mail n’a pas manqué de noter que le président américain, Barack H. Obama, évoquant à l’Onu la Guerre de Libye, s’il n’a pas manqué de de féliciter ses alliés au sein de l’Otan et « plus particulièrement la Grande Bretagne, la France, le Danemark et la Norvège »6, a omis – tout comme le leader du CNT libyen – de mentionner le rôle du Canada. Ce alors que l’intervention de l’Otan a bien été placé sous la direction d’un officier supérieur canadien, le lieutenant-général Charles Bouchard, et que les CF-18 frappés de la feuille d’érable ont bien été responsables de 8% des missions d’attaque.

Ficelle un peu grosse, direz-vous ! Certes. À cela près qu’elle offre le mérite de limiter le rôle des Nord-Américains à cette guerre aux seuls États-Unis. Toujours ça de pris !

Q – Pourquoi, ce comportement ?

Jacques Borde – Mais tout simplement parce que les places seront chères, dans la nouvelle Libye, quel que puisse être son visage ! Gardez à l’esprit que cette guerre n’a pas été faite pour les Libyens, leur bien -être, leurs aspirations. Mais pour leurs richesses ! Plus précisément, celles de son sous-sol. C’est bien pour ça, que Barack H. Obama, s’empresse de faire oublier le rôle des Canadiens. Inutile de faire quoi que ce soit pour les Libyens aient les yeux fixés sur le pays au monde – qui, avec la France – dispose de la meilleure expertise en matière de gestion des ressources en eau, la troisième des richesses libyennes, ne l’oublions pas. Or, nous savons, d’ores et déjà, que les rebelles – visiblement plus « cigales » que « fourmis » – ont passablement endommagé les structures de la Grande rivière, projet kadhafiste par excellence !

Mais, après tout, ceux-ci n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Rien n’obligeait vraiment les Canadiens à ce rôle de harkis de l’hegemon états-unien…

Q – Quant aux appétits US, puisque nous y sommes, y-a-t-il une différence entre Démocrates et Républicains ?

Jacques Borde – L’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. Et encore ! Contrairement aux idées (fausses) que nourrit le boboland germanopratin à l’endroit de l’actuel président américain, Barack H. Obama – relativement à son prédécesseur, George W. Bush, je veux dire – l’approche géopolitique de n’importe quel locataire de la Maison-Blanche sera toujours la défense la plus acharnée des intérêts US, tels que définis sur les rives du Potomac. Et pas ailleurs, contrairement à ce que croient quelques conspirationnistes. De plus, les États-Unis n’ont pas habitude faire marche-arrière. La progression hégémonique est constante : Reagan était plus dur que Carter ; William J. Clinton plus tenace que Bush Sr. ; George W. Bush plus menteur que Clinton et Obama se montrera plus intraitable que ses prédécesseurs auraient pu l’être sur la question de la Libye. C’est la marche (toujours) en avant de l’hegemon.

Q – Quel rôle rôle joue Hillary Clinton ?

Jacques Borde – Celui qui lui a été dévolu dans le partage des tâches avec Barack H. Obama. Pas vraiment le rôle d’un Bisounours. En fait, davantage celui d’un pitbull femelle. Je sais, des analystes mal-informés nuanceraient probablement le portrait du US Secretary of State (chef de la diplomatie), la Sénatrice Hillary D. Rodham Clinton. Mais ne nous leurrons pas. Dès qu’il s’agira de préserver les acquis US en Libye – qui, contrairement à ce que croient beaucoup, ne datent pas d’hier – Dame Hillary ne lâchera rien. Ses admirateurs devraient méditer les propos de l’ancien vice-président US, Richard Dick Cheney, qui s’exprimant au micro de Fox News Sunday 7, déplorait qu’Hillary Clinton ne soit pas présidente des États-Unis en lieu et place de Barack Obama !

Qui plus est, ne nous trompons pas sur le personnage. Elle a les dents aussi longues que les néo-cons, dont elle partage une partie non négligeable des convictions. Un petit exemple, si vous le voulez bien, qui vous éclairera sur le personnage : qui Erik Prince, le patron de Blackwater (Xe, désormais) – passant devant le House Oversight & Government Reform Committee présidé par Henry Arnold Waxman, en 2007 – prendra-t-il pour l’assister ? BKSH, la société de conseil politique dirigée par Mark Penn ? Ce nom ne vous dit rien ? Dommage ! Mark Penn avait été le stratège en chef de Hillary Clinton. Certains spécialistes le surnommant le « Rove de Hillary »8.

Penn, pourtant clintonien pur jus, défendant Blackwater, la plus grosse Société militaire privée (SMP) US du moment, dans une sordide affaire de massacres de civils irakiens (l’Affaire de la Place Nissour). Gageons que lorsqu’il s’agira de lâcher plus encore les chiens de guerre des SMP US sur la Libye, pour s’y réserver l’essentiel des richesses, le US Secretary of State Hillary D. Rodham Clinton n’aura pas beaucoup d’états d’âme. Ni à trop farfouiller dans son carnet d’adresses !…

Q – Quid de la reconstruction de la Libye, alors ?

Jacques Borde – Parmi les mauvaises fées à se pencher sur la Libye, tout le monde a fait mine d’oublier un acteur-clé : le FMI. Certes, l’attention a été, pour partie, détournées, par les foucades sexuelles (et printanières) de son ex-directeur-général, Dominique Strauss-Khan, mais tout de même. Or, guère de doutes à avoir : le FMI, fera tout pour que la Libye, franchisse les étapes nécessaires à son asservissement, c’est-à-dire :

1.Ouvre grandes ses portes aux multinationales, US de préférence ;
2.Privatise les entreprises publiques les plus rentables ;
3.Endette un pays qui ne l’avait plus été depuis la (vraie) révolution des Officiers libre et l’arrivée au pouvoir du plus emblématique d’entre eux, Mouammar Kadhafi ;
4.Mette à bas l’État providence qui assurait éducation, santé et emploi aux Libyen lambda.

Q – Vous ne noircissez pas le tableau ?

Jacques Borde – Non. Pas le moins du monde. Prenez le Nigeria. Une éponge à pétrole. Mais, aussi, l’un des pays les plus pauvres au monde. Ce qui attend les Libyens est, je le crains du même tonneau. Un pillage systématique, des plans structuraux imposés par le FMI. Et soupe à la grimace – voire : pas de soupe du tout – pour la population.

Q – Vous avez, brièvement, évoqué la question de l’eau..

Jacques Borde – Tout à fait. Mais permettez-moi de vous citer ce qu’en dit, Manlio Dinucci, « En plus de l’or noir, les multinationales européennes et étasuniennes visent l’or blanc libyen : l’immense réserve d’eau fossile de la nappe nubienne (estimée à 150.000 km3), qui s’étend sous la Libye, l’Égypte, le Soudan et le Tchad. Les possibilités de développement qu’elle offre ont été démontrées par la Libye, qui a construit un réseau d’aqueducs de 4.000 km de long (qui a coûté 25 Md$US) pour transporter l’eau, extraite en profondeur par 1.300 puits dans le désert, jusqu’aux villes côtières (Benghazi ayant été une des premières servies) et à l’oasis de Koufra, en fertilisant les terres désertiques. Ce n’est pas un hasard si, en juillet, l’Otan a bombardé l’aqueduc et détruit la fabrique, près de Bréga, qui produisait les conduites nécessaires aux réparations »9.

Q – Mais pourquoi les détruire ?

Jacques Borde – Mais, comme en Irak, pour mieux reconstruire (en se faisant payer fort cher) ce qui a été détruit ! Et, « C’est sur ces réserves hydriques, en perspective plus précieuses encore que les pétrolifères, que veulent mettre la main -à travers les privatisations promues par le FMI – les multinationales de l’eau, surtout françaises (Suez, Veolia et autres) qui contrôlent presque la moitié du marché mondial de l’eau privatisée. Et pour réparer l’aqueduc et les infrastructures, les multinationales étasuniennes comme Kellogg Brown & Root, spécialisées dans la reconstruction de ce que les bombes USA/Otan détruisent, sont prêtes à s’en occuper : en Irak et Afghanistan elles ont reçu en deux années des contrats d’un montant d’environ 10 milliards de dollars »10.

Q – Mais qui va payer ?

Jacques Borde – Les Libyens, pardi ! Avec les fonds souverains libyens, d’abord. Manlio Dinucci les estime à, « environ, 70 milliards de dollars plus d’autres investissements extérieurs pour un total de 150 Md$US »11. Une fois « décongelés », et avec les nouveaux revenus de l’exportation pétrolière (environ 30 Md$US annuels avant la guerre), « Ils seront gérés par la nouvelle Central Bank of Libya , qui avec l’aide du FMI sera transformée en une filiale de HSBC (Londres), de Goldman Sachs (New York) et d’autres banques multinationales d’investissement. Elles pourront de cette façon pénétrer encore plus en Afrique, où ces fonds sont investis dans plus de 25 pays, et miner les organismes financiers indépendants de l’Union africaine – la Banque centrale, la Banque d’investissement et le Fonds monétaire – nés surtout grâce aux investissements libyens.

Q – Mais les Libyens ne seront, sans doute, pas d’accord ?

Jacques Borde – Mais, d’où sortez-vous que quelqu’un leur demandera leur avis ! Primo, les fonds souverains libyens sont déjà sous tutelle occidentale. Ils ne seront donc, réellement, restitués qu’au coup à coup et en fonction des contrats signés. Un scenario type : Xe (la SMP de Prince, défendue par un ancien proche d’Hillary D. Rodham Clinton, je vous le rappelle) « obtient » (sic) la sécurité de la présidence libyenne. Un fromage, disons de 250 M$US ! Miracle ! Le pseudo État libyen verra aussitôt une somme, peu ou prou équivalente, revenir dans son escarcelle…

Secundo, à qui croyez-vous que sera confié l’économie libyenne, si ce n’est à des obligés de Washington ? Que nous encore rappelé Manlio Dinucci ? Que « La « saine gestion financière publique », que le FMI s’engage à réaliser, sera garantie par le nouveau ministre des finances et du pétrole Ali Tarhouni, ancien enseignant de la Business School de l’Université de Washington, autrement dit nommé par la Maison-Blanche »12.

Le reste, croyez-moi, c’est l’écume des jours. Et rien, d’autre…

Q – Et le terrorisme, vous n’en parlez plus ?

Jacques Borde – Pour l’instant, non. Remarquez, cependant, que, selon des estimations de la communauté du Renseignements, une bonne dizaine de millier de missiles sol/air – de type Sol/air à très courte portée (Satcp) – auraient disparu des dépôts de l’armée libyenne ! Mais, il me semble que je vous en avais déjà parlé.

Je me souviens qu’en son temps, un diplomate US blanchi sous le harnais, avait tenu, en substance, ces propos : « Vous avez aimé Beyrouth ? Vous aimerez Bagdad » ! Si vous le voulez bien, plagions-le, pour conclure : « Vous avez aimé l’Afghanistan ? Vous aimerez la Somalie de la Sarkozie » ! La Libye, je veux dire…

Notes
[1] Groupuscule d’extrême-droite, nés des décombres de l’OAS, farouchement anticommuniste et hostile à l’indépendance de l’Algérie.

[2] Bruxelles2.eu.

[3] Bruxelles2.eu.

[4] Bruxelles2.eu.

[5] Et dont les forces armées restent, statutairement en raison des liens toujours existant avec Sa Très Gracieuse Majesté britannique, « royales ».Cela vous semblera plus évident lorsque je vous citerai de cette autre spécificité canadienne : la RCMP. Autrement dit la Royal Canadian Mounted Police, dont la terminologie, en français, est Gendarmerie Royale Canadienne (GRC).

[6] Globe & Mail (21 septembre 2011).

[7] Fox News Sunday (4 septembre 2011).

[8] Karl Rove est l’ancien conseiller en chef de George W. Bush. Il dût rendre son tablier lors de l’Affaire Plame. Encore appelée Affaire Plame-Wilson. Karl Rove aurait dévoilé l’identité d’un agent de la CIA, Valerie Plame, épouse, par ailleurs, d’un ambassadeur américain, Joseph Wilson, qui avait démenti la vente d’uranium par le Niger à l’Irak, ce qui mettait en difficulté George W. Bush.

[9] Il Manifesto (13 septembre 2011).

[10] Il Manifesto (13 septembre 2011).

[11] Il Manifesto (13 septembre 2011).

[12] Il Manifesto (13 septembre 2011).

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La rue de Tunis reprend en coeur: arretez le genocide du peuple de Sirte en Libye

Posted by seumasach on October 12, 2011

Algeria ISP

12th October, 2011

ALGERIA ISP / Nous avons reçu cet article d’un groupe Tunisien solidaire de la GREEN LIBYA

Récit d’une après-midi historique à Tunis : une immense joie après une petite déception…

LA RUE DE TUNIS REPREND EN CŒUR : « ARRETEZ LE GENOCIDE DU PEUPLE DE SYRTE EN LIBYE » et « ARRETEZ LE BOMBARDEMENT CONTINU DES VILLES ET VILLAGES LIBYENS DEPUIS 7 MOIS ! » et « NATO (OTAN), DEGAGE DE LIBYE !

Lieu : Siège du Croissant Rouge Tunisien – 19, rue d’Angleterre. Date : 7 octobre 2011.

Autisme…

Las société tunisienne était soudain devenue autiste : « il n’y a que la Tunisie qui m’intéresse » répètent à l’envi la majorité des citoyens de ce pays. Une centaines de partis politiques sont en course pour les élections du 23 octobre sans faire d’allusion directe à ce qui est devenu, de fait, un nouvel Irak à leur porte. Les médias locaux singent leurs homologues français, européens, nord-américains ou, ce qui revient au même, Al-Jazeera : voir à ce sujet le bulletin d’information télévisé de 20h (qui a remplacé celui de « l’ancien régime ») dans lequel un couple (un homme, une femme) de présentateurs commentent et censurent allègrement l’« actualité » en s’échangeant de stupides sourires.

La conséquence d’un tel silence a été l’absence stupéfiante, dans la capitale même, de manifestations dénonçant l’agression militaire contre la Libye en cours depuis près de 7 mois. Dans ce contexte, nous avons récemment salué la position courageuse des pays de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, regourpant le Nicaragua, le Venezuela, Cuba, l’Ecuador et la Bolivie) en envoyant une télécopie à leurs missions respectives à New York (ONU). Si nous avons certainement été heureux de recevoir de leur part une lettre de soutien, il faut avouer que nous avons été déçus par la position de l’ambassadeur de Cuba à Tunis que nous avons souhaité rencontrer à plusieurs reprises, dont la dernière en date du 5 octobre 2011. Le secrétaire (tunisien) de l’ambassade nous a dit que le diplomate considérait la guerre en Libye comme un événement qui ne le concernait pas et a clairement refusé de nous recevoir, ne serait-ce que quelques minutes. Il s’agit donc là de notre « petite déception ».

Aujourd’hui, samedi 8 octobre, il nous semble important de proposer un récit de cette après-midi historique d’hier à Tunis où l’on a vu une foule massée dans une des rues du centre-ville de la capitale tunisienne, quadrillées par des policiers (en uniforme et en civil) et parsemées de barbelés, chars et autres engins (entre l’ambassade de France et le Ministère de l’Intérieur), reprendre des slogans tels que : « NATO [OTAN], Dégage min [de] Libya ! »(désormais imprimé sur le béton des infrastructures autoroutières tunisiennes » et « Sirt tastagith ! » (la ville de Syrte appelle au secours !). Syrte se trouve sous le feu aérien et maritime de l’OTAN et celui, à terre, de ses rebelles mercenaires lesquels bombardent au hasard de leurs missiles « Grad » les hôpitaux et la population sous embargo total.

Des plaques d’immatriculation devenues « gênantes »…

Le silence en Tunisie est plus complice qu’ailleurs car ce pays constitue une pièce-clé dans le dispositif impérialiste en place dans la région. Sans lui, les bombardements auraient cessé depuis longtemps en raison de la proximité géographique, la parenté (y compris linguistique car la langue vernaculaire libyenne est la plus proche de celle des Tunisiens), sans parler des centaines de milliers de réfugiés répartis dans tout le pays maintenant. Ces derniers sont particulièrement repérables dans les villes par leurs grandes voitures dont la plaque d’immatriculation indique « Jamahiriya » (Gouvernement des masses) et que les rebelles de l’OTAN couvrent systématiquement d’une étiquette avec les couleurs du drapeau du régime réactionnaire monarchiste d’avant la révolution pacifique dirigée par Gaddafi en Septembre 1969 (Al-Fateh).

Pour cette raison nous, Tunisiennes et Tunisiens libres, devenus militants pacifistes anti-guerre malgré nous (à quoi servent donc les institutions officielles existantes, la « société civile », etc. si elle se taisent toutes devant ce qui se passe dans le pays voisin ?) avons décidé de briser le silence criminel au sujet de la Libye : à commencer par celui des médias tels qu’Al-Jazeera, la BBC, la télévision et la radio nationales tunisiennes et la presse écrite de ce pays à une ou deux rares exceptions près (Ar-Risala At-tounisiya (La Lettre de Tunisie), entre autres).

Les médias présentent ainsi la situation de la ville de Syrte (entre 100 et 150 000 habitants selon les sources et dont seulement quelques dizaines ou centaines de familles ont récemment fui les bombardements) comme celle d’une « poche de résistance » que les rebelles du « Conseil National de Transition » (CNT, imposé et protégé depuis le ciel par l’OTAN, nuit et jour depuis environ 7 mois) s’apprêteraient à ««libérer»»(de qui et de quoi?) « dans les heures qui viennent » ou les jours qui viennent » suivant le degré d’impatience de leurs responsables…

En fait, en raison de ce lavage collectif et mondialisé de cerveaux jamais égalé dans l’histoire (en ce sens, Al-Jazeera a gagné sa guerre jusqu’à présent), les Tunisiens –qui disent soutenir les « révolutionnaires » (i.e. de l’OTAN) ignorent tout de la réalité. Non seulement beaucoup d’entre eux ne savent-ils même pas localiser les nombreuses localités du pays où une résistance acharnée a rapidement émergé (en dépit des bombardements incessants de l’OTAN depuis 7 mois) mais encore ignorent-ils qu’une grande partie (en surface et en population) du pays (90% selon certaines sources) soutient de fait le gouvernement légal et le régime correspondant (Jamahiriya) sous lequel ses habitants vivaient en paix et dans la prospérité économique depuis 42 ans jusqu’à l’irruption, en février dernier, de bandes armées couvertes et dirigées depuis le ciel par l’OTAN auxquelles se joints des supplétifs importés d’Afghanistan et du Pakistan par la CIA.

Joie immense…

Nous avions appelé la veille et le matin-même de l’événement les Tunisiennes et les Tunisiens libres (du lavage collectif et mondialisé de cerveaux) à cette protestation pacifique (I’tisam silmy, en arabe) via la seule chaîne de télévision alternative dans le monde arabe : ARRAI (souvent brouillée soit, pensons-nous, par l’OTAN ou le gouvernement tunisien ou les deux). En raison de la censure et de l’auto-censure (censure intériorisée), nous nous attendions à trouver seulement un individu ou deux. Or, une fois arrivés sur place, nous n’en crûmes pas nos yeux. Au portail du Croissant Rouge Tunisien, une masse de gens (dont de nombreuses femmes de tous âges) se bousculaient et discutaient avec une employée qui avait entrouvert la porte et qui expliquait qu’il n’était pas possible de rencontrer le directeur maintenant ; qu’il faudrait essayer un autre jour.

Nous réalisions soudain que tous ces gens avaient répondu à notre appel. Une dame algérienne arriva alors et s’exprima dans les mêmes termes étonnés que nous. Un médecin présent travaillant pour le centre en question s’évertuait à expliquer la position «neutre» de son organisation en renvoyant les manifestants soit vers Amnesty International soit ver la Croix-Rouge. C’est aberrant, lui répliqua-ton, puisque la première organisation a montré, s’agissant de ces événements uniques dans l’histoire de l’humanité, qu’elle était littéralement devenue Amnesia International. Quant à la seconde, elle est systématiquement bloquée par les rebelles de l’OTAN. Nous luis avons alors proposé d’expliquer clairement dans les médias pourquoi le Croissant Rouge Tunisien n’intervient pas à Syrte ; à savoir que les «révolutionnaires» l’en empêchent. Il ne répliqua pas.

La manifestation avait été improvisée en raison de l’urgence de la situation de famine et de détresse à Syrte où les hôpitaux sont bombardés par l’OTAN et ses rebelles armés. Devant le siège du Croissant Rouge, de plus en plus de « curieux » se regroupaient, à l’image des événements de janvier qui avaient poussé le président de la république à fuir du pays face la contestation grandissante. La plupart des passants étaient surpris d’apprendre que de telles choses avaient lieu en ce moment-même et dans le pays voisin (effet du lavage collectif et mondialisé de cerveaux par les médias étouffant toute voix dissidente). Ils se mirent souvent à sympathiser. L’ambiance devenait bon enfant, notamment avec les élèves de l’école d’en face qui reprenaient en cœur nos slogans pacifistes. Des Libyennes, enveloppés dans du tissu vert qui venait d’être acheté dans une échoppe du quartier, nous avaient rejoints et lancèrent aussi le fameux slogan de ralliement de la résistance sur le terrain: « Dieu, Muammar, la Libye et basta ya! » Les gens discutaient de toutes parts. Les appareils photographiques se levaient ça et là comme des parapluies à l’apparition d’une averse. Une centaine de personnes composait alors le rassemblement et les slogans retentissaient dans tout le quartier de la rue d’Angleterre….

Provocations (policières)…

Dès le tout début du rassemblement pacifique, un ivrogne intervint dans un but évident de semer la confusion, notamment quand il tenta d’ameuter des gens du quartier en lançant : « Venez voir, c’est incroyable ; ils manifestent non pas pour (des affaires en rapport avec) la Tunisie mais pour autre chose !». Nous avons tenté de le « calmer » un peu et notre ruse a fonctionné un moment étant donné son état. Cependant, son intention était claire dès le début : semer la confusion afin de justifier l’intervention de la police. Nous pensons donc qu’il s’agissait d’un agent de cette dernière. Un indice en est qu’il ne figurait pas parmi les individus arrêtés par la suite (y compris des vendeurs de cigarettes ambulants…) et emmenés manu militari au commissariat de police.

D’ailleurs, à un moment donné, un partisan des rebelles de l’OTAN, brandissant un grand drapeau du régime réactionnaire monarchiste d’avant la Jamahiria, vint s’installer en hauteur sous les fenêtres de l’immeuble du Croisant Rouge. Il fut vite hué et pris à partie par les manifestants. Là encore, l’ivrogne-indicateur intervint afin qu’il demeure à sa place et poursuive sa provocation. Cependant, il fut bien obligé de décamper comme un « rat » et fut qualifié comme tel par la foule en colère. En effet, ces gens se comportent comme si ils étaient chez eux, partout en Tunisie, à tel point que les réfugiés loyalistes au gouvernement légal de la Jamahiriya font-ils désormais profil bas tant ils sont victimes d’ostracisme de la part des Tunisiens eux-mêmes (ce qui n’était étrangement pas le cas avant les bombardements de l’OTAN). Cela dit, on peut supposer que le « rat » était également un indicateur de police. La mise en scène de l’intervention musclée et « justifiée » de la police (bien qu’il n’y ait eu aucun coup très violent porté) aurait ainsi réussi.

« En voiture » vers le commissariat avec les « Baltagia » de la police locale…

Les Baltagia (pluriel de Baltagi), ce sont les « gros bras », hommes de main (« thugs » en anglais ; à l’image de ces hommes armés de matraques embarqués à bord de chameaux et faisant leur apparition sur la place Tahrir au Caire lors des rassemblements de masse). Des hommes armés de bâtons ont soudain interpelé nombre d’entre nous puis nous ont embarqués à bord de leur véhicule anonyme. L’un des hommes de main s’était pourtant approché durant le rassemblement et nous n’avions pas réalisé que c’était aussi un policier en civil. Nous n’avions pas compris pourquoi il chuchota à nos oreilles: « Yezzi Tawa »(Ça suffit maintenant). S’il nous avait dit « La police (dont je suis) vous conseille de mettre un terme à la manifestation », nous aurions sûrement mieux saisi son intention.

Dans la voiture, les Baltagia nous étranglaient avec leurs gros bras et leur chef (ressemblant étrangement à Iyad Alaoui, président marionnette de l’Irak occupé il y a quelques années et individu de triste augure) brandissait un gros bâton nu et nous crûmes réellement qu’ils allaient nous casser les os, notamment quand ils commencèrent à nous donner des coups mesurés (ils semblaient se retenir sachant que les piétons dans les rues embouteillées nous observaient) et quand ils nous jetèrent dans une pièce d’interrogatoire du commissariat de police. Ils avaient également arrêté de simples passants qui prenaient des photos de l’événement avec leur téléphone portatif. Ils les effrayaient en consultant leur album enregistré dans la mémoire de l’appareil. Ils demandèrent à qui appartenaient les drapeaux verts de la manifestation et systématiquement : « Tu es Tunisien, toi ? » probablement afin d’expulser d’éventuels Libyens interpellés, ce qui serait un crime compte-tenu du caractère vindicatif des marionnettes de l’OTAN qui « gouvernent » actuellement à Tripoli. Il ajouta : « Et regardez celui-là » qui porte (tout à fait par hasard et sans y avoir pensé un seul moment) une chemise de couleur verte (foncée)…

Ou encore : « Tu es avec les « révolutionnaires » (i.e. de l’OTAN) ou « avec Gaddafi ? ». Le chef des hommes de main (qui, dans la voiture, insultait aussi le chauffeur d’un véhicule nous précédant, simplement parce que le logo Jamahiriya de sa plaque d’immatriculation libyenne n’était pas recouvert de l‘étiquette du drapeau des rebelles de l’OTAN) nous martelait : « On va s’occuper de vous comme il faut ; Pourquoi venez-vous ici semer la confusion ? Allez donc combattre en Libye ! ». Comme si c’était (à supposer que nous ayons eu des tendances ou même un minimum de formation « militaires ») si facile avec un gouvernement complice de la menée impérialiste contre ce pays et des voies d’accès (poste frontalier de Ras-l-Jdir en particulier) hyper contrôlé du côté tunisien avant même qu’il ne soit repris, du côté libyen, par les rebelles de l’OTAN. Et puis, est-ce une réponse acceptable de la part d’un fonctionnaire de police, d’un « agent de la paix » dans un Etat devenu soi-disant « démocratique » ?

Bref, pour nous, ce fut aussi la confirmation –s’il en fallait une- que le régime ancien et son système sécuritaire, tant honni, n’a changé qu’en surface.

L’ironie de l’Histoire…

Nous fûmes relâchés après plusieurs heures, les uns après les autres après des séances de torture psychologique. En fait, et on peut s’en réjouir, la torture physique (il n’y eut dans notre cas que des « petits coups » avec leurs énormes bâtons et des menaces sérieuses de coups très violents) semble désormais révolue en raison de la « révolution »… et de la surveillance internationale du pays par de nombreux observateurs internationaux, dont les Etats finançant, de manière directe ou indirecte, le « processus démocratique » et l’« Etat de droit ». Ils prirent nos coordonnées. Nous avons alors demandé au chef du commissariat pourquoi nous avions été arrêtés et pourquoi toutes ces arrestations avaient-elles eu lieu alors que nous ne représentions aucun parti (grand ou petit) mais que nous étions de simples citoyens (dont une majorité de femmes) révulsés par le silence complice. Il nous répondit, gêné, que la police cherchait « à nous protéger »…. et après avoir évoqué avec lui notre souhait de continuer, il nous rappela qu’il nous incombait de déposer une demande officielle au ministère de l’intérieur, ce que nous ferons mais sans grand espoir tant ce sujet est probablement l’un des plus sensibles en Tunisie…

Conclusion…

Nous avions réussi à appeler une avocate pour l’enjoindre de venir au commissariat. Elle n’arriva près des lieux que lorsque nous étions déjà sortis. Nous la rencontrâmes sur l’artère principale du centre ville (avenue Bourguiba). Sans nous en rendre compte, nous nous sommes alors retrouvés dans la mire des canons stationnés devant l’ambassade de France, sous le regard de la statue du sociologue historien Ibn Khaldoun et dans le champ des oreilles indiscrètes du Christ derrière le mur de la haute cathédrale qui la surplombe. Nous avons discuté avec l’avocate et son mari de ce qui nous était arrivés.

Avec tristesse, nous avons constaté que tous deux partageaient en fait le point de vue « classique » des médias de l’OTAN (voir novlangue NATO Media Advisory) et du gouvernement tunisien… Cela est vrai aussi pour les ««élites intellectuelles»» du monde entier en général et de Tunisie en particulier (voir l’analyse rétrospective de Toni Solo intitulé « Illustrious Corspses » à propos de gens aussi «respectables» qu’Immanuel Wallerstein, Rico Alba, Ignacio Ramonet (Le Monde Diplomatique), Gilbert Achkar, etc.). Doit-on aussi rappeler que le « Tribunal Pénal International » a lui-même été utilisé comme une marionnette de l’OTAN et de ses agents du CNT ?

Merci encore à tous les esprits libres, tunisiens ou non, qui ont répondu à l’appel à cette protestation pacifique : en particulier à Mohamed, Radia, Usama, Dalila, Benhassen et d’autres dont nous avons oublié les noms…

*****************************

POST-SCRIPTUM : Les photographies de cet événement existent par centaines, prises par la foule des passants. Les personnes qui avaient répondu à l’appel sont également en possession de vidéos qui devraient apparaître sur les sites d’information alternative, à commencer par ceux de la chaîne ARRAI.

Adresse de ce document: http://tinyurl.com/5v9h9lr

LIENS CITES dans ce document:

Ar-Risala At-tounisiya

http://www.rissala.tn/

ARRAI TV Channel

http://www.facebook.com/arraichannel

NATO Media Advisory

http://humanrightsinvestigations.org/2011/09/07/nato-media-advisory/

Analyse rétrospective de Toni Solo (“Illustrious Corpses”) sur la collusion des “élites intellectuelles” dans la guerre contre la Libye

http://www.mathaba.net/news/?x=628836

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French analyst says CNT practically non-existant

Posted by seumasach on October 11, 2011

Analista francés dice que el “CNT” practicamente no existe

Resistencia Libia

12th October, 2011

Please use google-translate

El llamado consejo “transitorio” reconocido por las Naciones Unidas bajo presión imperialista como “gobierno legítimo” de Libia está desapareciendo rapidamente ya que sus miembros dimiten, no controla  las diversas bandas armadas, los integristas fanáticos como Belhach e Ismail Salabi lo combaten ferozmente, es incapaz de organizar un gobierno aunque sea provisional, la gran mayoría de las tribus lo rechazan y no controla el territorio ni las fronteras ni los pozos de petróleo ni gran parte de las ciudades. Han hecho muy bien los países del ALBA en no reconocer ese engendro de la CIA y han hecho muy mal los que lo han reconocido. El analista señala que es el emirato feudal de Qatar el que controla las bandas terroristas, da las órdenes, paga la guerra y suministra armas y petróleo. Pero Qatar no es mas que un agente de la familia de los Saud en el poder en Arabia. Qatar es el principal respaldo de los integristas violentos y fanáticos de Al Qaeda. Fuente http://www.atlantico.fr/decryptage/libye-chaos-cnt-fantome-dictateur-cavale-qatar-prend-decisions-gerard-villiers-197698.html

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Libya- testimony of Lizzie Phelan

Posted by seumasach on October 11, 2011

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Sirte will never be forgotten

Posted by seumasach on October 11, 2011

All quiet on the Sirte front

Cailean Bochanan

11th October, 2011

Silence reigns today throughout the world’s media regarding the TNC’s “final offensive’ against Sirte, a city which must now be all but completely destroyed after the aerial bombing and artillery bombardment which it has been subjected to. Subjected to because there is no truth in NATO’s claim that this is a liberation struggle and, lacking popular support on the ground, only these genocidal methods hold out any perspective of success at all. This has been an exhibition of killing from distance without quarter recalling Fallujah and Stalingrad. But has it worked for NATO? Can the TNC now declare victory?

If so we would have heard about it, trumpeted on the world’s media. But there’s nothing of the like. The latest news which can be corroborated from both mainstream and resistance sources is that ground taken on Sunday was retaken by  Jamahariya forces overnight. Throughout Monday there were desultory reports of “progress” and once again “the final push”. MSNBC spoke of the “surprising ” resilience of loyalist fighters. A Reuters report today talks of the TNC’s “struggle” to capture Sirte and focuses a report on the massive casualties being suffered by their forces. It also reports of the armed resistance not just of the Libyan army but of the armed citizenry. Is the mainstream media beginning to drift off-message in the face of uncomfortable realities? Is the strain of the outrageously mendacious narrative is beginning to tell?

Whatever the outcome in Sirte this will go down in the annals of warfare as a truly heroic defence and as a crime against humanity of immense proportions sanctioned and executed by the West with near unanimity a both state and cilvil society. The West has lost any claims to moral leadership in the world and is left trying to assert its influence through a series of demonic, near satanic, stratagems and deceptions which the rest of the world is rapidly wizening up to. In the rubble of Sirte is also the rubble of the West’s moral and political capital, of the UN, of NATO, of it’s political leadership, of it’s political opposition and of it’s insane, lying, media talking heads- all immolated amongst the smoke, flames and debris of the city which has had to pay the price of the failure of NATO’s plans.

Looking back this will be seen as a turning point in world history.  Sirte and those who have fought and died in its defence will be remembered for ever.

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Bond Insurance Could Contain the Debt Crisis

Posted by seumasach on October 11, 2011

Curbing speculatives attack is the first line of defence against the war being conducted against the Euro by Anglo-American finance. With regard to budget deficits it is notable that the emphasis always falls on cuts as if there weren’t two aspects: expenditure and revenue. Through wealth creation, the reconstruction of the real economy, revenue increases. This has to be the long-term focus of European policy.

Walter Otremba

Spiegel

11th October, 2011

Walther Otremba, 60, served successively as a senior official in the German economy, finance and defense ministries. He retired in March. He has written a guest commentary in SPIEGEL explaining his idea for a state credit insurance system that could help to tackle the euro crisis.

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Washington targeting China’s Achilles heel

Posted by seumasach on October 11, 2011

F.William Engdahl

Voltairenet

7th October, 2011

While nervously watching China edging closer to becoming the predominant world power in the 21st century, Washington has also been keeping a keen eye on China’s heavy reliance on foreign oil to meet its growing energy needs. Engdahl analyses the oil trap that Washington has laid for China in Libya and through AFRICOM’s deployment across Africa.

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NATO and anti-Gaddafi forces in Libya step up bombardment of Sirte

Posted by seumasach on October 10, 2011

Patrick O’Connor

WSWS

10th October, 2011

Anti-Gaddafi militias aligned with the National Transitional Council (NTC) have claimed control over most of Sirte, a coastal Libyan city between Tripoli and Benghazi, after they launched an offensive last Friday that was coordinated with NATO forces.

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Aljazeera prepares mock-ups of Syrian towns

Posted by seumasach on October 10, 2011

Aljazeera prepare de fausse images de la Syrie

Thierry Meyssan

Voltairenet

7th October, 2011

Please use google-translate

La télévision syrienne a diffusé, jeudi 6 octobre 2011, une émission spéciale avec Thierry Meyssan. Le président du Réseau Voltaire a tiré les leçons de son expérience en Libye.

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UN silent despite no grounds for NATO war on Libya

Posted by seumasach on October 10, 2011

Frances Thomas

Scoop

9th OCtober, 2011

The situation in Sirte is dire. Six weeks under siege after months of aerial attacks. Children and old people dead of hunger and thirst. Water supply hit. Hospitals without medical supplies to treat the ill and injured, and then bombed by NATO. The dead lying in the streets.

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